Le chemin du conteur est jalonné d’étapes qu’il ne peut se dispenser de traverser.
Apprenti-conteur : phase d’initiation, plus ou moins longue suivant les individus. Elle pose les bases, forge les outils. Demande travail, abnégation et persévérance.
Artisan-conteur : phase de pratique la plus intense possible tout en continuant à se former ;« remettre sans cesse l’ouvrage sur le métier ». ( Je suis actuellement dans cette phase)
Maître-conteur : phase d' aboutissement de l’art de conter ; le maître-conteur peut et doit transmettre son art.
Vous employez le terme de « Maître-conteur », avez-vous des « Maîtres » ?
Le conte est aujourd’hui présent sous diverses formes, chaque conteur a sa vision du conte. Mais comme le dit Yannick Jaulin il y a deux dimensions dans le monde du conte qui ne sont pas incompatibles mais différentes : les conteurs patrimoniaux : transmetteurs d’histoires (dont je fais partie) et les conteurs artistes : par leurs créations ils proposent une autre vision du monde.
Tout cela pour vous dire que je m’estime être un passeur d’histoires, que mes maîtres sont Henri Gougaud, Michel Hindenock, Olivier de Robert…mais que j’apprécie énormément aussi les conteurs artistes comme Yannick Jaulin, Alberto Garcia Sanchez, Michèle N’Guyen , Jérôme Aubineau et bien d’autres.
Qu’elle me choisisse pour lui donner vie. Qu’elle est envie d’habiter en moi pour un temps. Je me mets alors à son service .
Une histoire c’est comme un ami : d’abord il faut être attiré, ensuite s’apprivoiser. Faire connaissance tous les jours un peu plus (cf Le Petit Prince : « c’est le temps que tu consacres à ta rose qui en fait son importance à tes yeux »). Se donner de l’émotion et du plaisir .
Qu’elles sont d’après vous les principales qualités que doit avoir un conteur ?
Savoir écouter le monde. Etre vrai, généreux et humble. Avoir une grande sensibilité et une forte présence.


